Le Bourrelier,

C'est autour du 6° siècle avant notre ère, en Chine, qu'un chamelier harnacha sa bête avec un collier rigide, et cette invention  adaptée au cheval par les Mongols n'a atteint l'Europe que de nombreux siècles plus tard. Auparavant, les chevaux portaient des bricoles, pièces de cuir rembourrées appuyées sur le poitrail, ou un joug proche de celui  des boeufs, ou un collier souple. De tels systèmes diminuaient la capacité de travail du cheval . Le collier rigide reçoit l'effort et le répartit régulièrement sur les épaules et non sur son encolure ou sa trachée artère.

Des outils bien rangés,

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Les bourreliers  borralièrs,

Les colliers sont faits par des bourreliers bâtiers qui se distinguent des bourreliers de harnachement  (selliers, harnacheurs)  Un bourrelier au sens initial du terme était  spécialisé dans le remplissage des colliers avec de la paille longue, ils ne faisaient  rien d'autre. Ils préféraient la paille longue du seigle. Ils mouillaient la paille et le cuir  pour les assouplir et pouvoir les manipuler. Ils faisaient un collier par jour Les statuts  de la corporation datent de 1268. Les bourreliers "faisaient des colliers de cheval et  de dossières de selle et de tout autre manière de bourrellerie appartenant à  charreterie faite de cuir de vache ou de cheval". On reconnaît la boutique du « borralièr » à sa grande vitrine, qui permet à la lumière  du jour, d’éclairer l’établi en bois, et son étau à pied. Il est nécessaire d’avoir un bon  éclairage pour permettre à l’artisan de bien faire la minutieuse couture à la main,  véritable signature d’un bon travail. En poussant la porte une clochette, avertit de la  présence d’un client. La boutique a une odeur de cuir verni, tanné à l’écorce de chêne. On sent le fumet  âcre de la poix mélangé aux effluves que dégagent les harnais imprégnés du suint  des chevaux.   Les guides et les traits pendent du plafond comme des lianes et dans la vitrine des  boites jaunes d'embrocation et de cire anglaise montrent sur leurs couvercles  d'excitantes scènes hippiques ou des diligences de messageries royales au grand  galop. Il y a aussi des mors de bride nickelés, des oeillères cloutées de cuivre et des  anneaux de verre ou passent les rênes .

United,

Au mur les outils sont  accrochés sur un  grand panneau. Un  meuble à petits  tiroirs  sert à classer , les  boucles, passants,  rivets, anneaux,  crochets, garnitures,  utilisées pour la  décoration des brides et des colliers.  Les gabarits, les patrons de modèles  originaux, sont reproduits en carton ou en zinc (ce métal ne tache pas le cuir)  .Au milieu de la pièce, la machine à  coudre, elle a coûté une petite fortune, bienheureux celui qui peut utiliser la  fameuse « United » capable d’avaler  25 mm d’épaisseur de cuir et seule  équipée du pré-chauffage pour la  fusion de la poix . Une grande table  en bois permet la découpe des  dossets, croupons, collets et flancs.

La Fleur au Couteau,

Quand le  couteau  mécanique  entame le cuir  en glissant sur  la « fleur » le  bourrelier est  fier de son  travail, qu’il va  présenter à sa  devanture pour attirer l’œil du client.  Dans le village on ne manque pas de  faire une visite chez lui, pour parler «  colliers et harnais » mais aussi l’hiver  pour se réchauffer près du poêle en  fonte, ou brûlent les chutes de cuir et  les attelles de bois cassées.
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