L’Escloupier :  Antoine Gastou Sabotier à Arfons,

Façon du taillage le tailleur donne à la bûche l’apparence du sabot, façon du creusage, le creuseur évide le sabot, façon du  parage et polissage, la pareur achève le sabot. Chaque façon coûtait un sou. Ainsi le sabot courant revenait-il à deux sous de  bois, trois sous de façons soit cinq sous, comme il  est dit dans la chanson cinq saous cousteroun mous esclops, quand eroun  naous. Le patron prenait un sou de bénéfice, il vendait le sabot six sous à l’usage, douze sous la paire.

Un savoir faire ancestral,

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Etymologie,

Sabot XII° (sous la forme çabot, cf le picard chabot), au sens de "toupie" le sens de  chaussure qui est pourtant le sens propre, n'a été relevé  par hasard qu'au XV°  siècle. Altération de bot autre forme de botte "sorte de chaussure" par croisement  avec savate Sabot est terme des parlers du nord   Ceux du midi ont des formes qui continuent l’ancien provençal Esclop du latin  stloppus "bruit produit en frappant sur la joue gonflée »

Une histoire de famille,

Dans beaucoup de familles, il y a un sabotier amateur qui avec un outillage réduit  fabrique à la morte saison les sabots nécessaires à ses proches. Ces productions  sont en général médiocres, voire grossières. Ce sont des sabots dits « paysans » On les reconnaît à leur poids, ils sont trop lourds et leur pointe est dans l’axe du  sabot, alors que ceux d’Antoine sont désaxés. A l’occasion d’un baptême, d’un mariage, d’une bonne vente ou simplement si le  temps leur manque ; les Arfontais désirent une marchandise plus soignée et viennent se servir chez Antoine. Il connaît à peu prés toutes les pointures du village et la conformation des pieds. Si  le client se déplace, il prend sa mesure. Mais si celui-ci veut faire une surprise, il  apporte une baguette coupée à la bonne longueur dans une chaussure de femme ou de son gamin. Il choisit ensuite le bois ou sera creusé le sabot, sa forme, sa couleur,  le motif qui sera gravé et la forme de la bride.

6 ans d’apprentissage,

On apprenait à  équarrir le bois,  comment creuser les  talons, puis les sabots  ; à la fin on taillait, on  décorait On lui a enseigné les trois façons.

La vie du Sabotier,

Un ouvrier  habile comme  Antoine faisait   jusqu’à trente  sabots par  jour.et gagnait  trente sous par  jour, mais on ne  travaillait que  cinq jours par  semaine. Le dimanche, après la  messe, il aiguisait ses outils. Le lundi  était consacré au débit de l’arbre. On  le sciait en longueurs de sabots : dans le gros tronc le sabot de l’homme et  au faîte de l’arbre là où il  s’amincissait, celui de la femme.   La fête des sabotiers, la saint René,  était célébrée le 12 novembre. La  journée de travail était offerte au  patron. Le  matin les ouvriers  accrochaient au-dessus de sa porte  un bouquet de feuillage et de fleurs.  Le soir le patron les conviait à un  banquet suivi de danses. Le  lendemain était chômé. 
V 1.20
Tous les gestes du sabotier sur un même cliché
Saissac Autrefois